Il y a des moments dans la vie, où rien ne va plus.
On se sent vide, mort, dénudé du moindre sentiment. Ne plus avoir envie de rire, ne plus avoir envie de parler à personne, même aux gens qu'on aime. Il y a des jours comme ça où on se sent au plus
bas de sa forme, et les jours deviennent des semaines et les semaines deviennent des mois et les mois deviennent des années.
On ne s'en rend pas toujours compte à quel point nous n'allons pas bien. Nous continuons de vivre et de nous accrocher à ceux qui nous entoure, parce que eux s'accrochent à nous. Et dans ces
moments nous nous disons:
"Je vais faire le meilleur que je puisse pour aider ceux que j'aime"
En espérant quelque part qu'ils nous oublient une fois cela réalisé. Ainsi, nous pourrons partir tranquillement, sans ne manquer à personne.
Nous vivons sans plus aucun espoir de voir le soleil se lever sur nos jours malheureux, nous attendons seulement ce moment où plus personne ne s'intéressera à nous pour partir
"En silence".
Finalement, nous souffrons... tous, profondément, et quoiqu'on puisse dire, quoiqu'on puisse faire, peu importe la personne avec qui nous vivons, peu importe les personnes qui nous entourent, on
veut partir, loin de cette terre, loin de cette vie qu'on nous a donné.
Nous nous disons que ce fut un cadeau empoisonné et on souhaiterait s'en débarasser.
On finit par ignorer les promesses qu'on a faite à certaines personnes que nous aimons
"Je te promets de ne jamais mettre fin à mes jours", promesse vaine qui s'écarte de notre esprit à chaque fois qu'on se sent faible psychologiquement, à chaque
fois que nous voulons partir.
Nous pensons aux personnes qu'on a aimé, à celles qui sont parties, à celles que nous avons perdus, nous nous en voulons de nos erreurs commises et nous finissons pas nous haïr et nous cherchons à
trouver le responsable de cela. Nous nous rabaissons jusqu'à ce qu'on ne puisse plus aller plus bas, et nous prenons tout au premier degré, même les taquineries.
Nous avons en nous ce quelque chose qui nous dit que nous n'importons peu sur cette terre. Alors on cherche un sens, on cherche une voie et finalement, on se dit qu'il suffit d'empêcher les gens
autour de nous de devenir pareil.
On console ceux qu'on aime sans penser à quel point cela nous affecte. Et lorsqu'on nous le fait savoir, on fait les sourdes oreilles et on continue, on s'enfonce malgré nous. Nous pourrions tout
arrêter, mais nous continuons, car quelque part, ça nous fait du bien et on se sent utile.
Nous portons en nous chaque jours cette pulsion suicidaire comme une
bombe à retardement dont nous n'avons aucunes idées de la minuterie.
Tic tac, tic tac, tic tac, l'aiguille tourne, et l'horloge se fait de plus en plus sombre, l'horloge de notre coeur devient un abîme dans lequel nous nous enfonçons, nous nous enfermons.
Nous voudrions tellement parler de nos problèmes et du fait que nous ne soyons pas bien dans notre peau, mais nous n'avons aucune envie de vous ennuyer avec ça. De toute façon, ça servirait à rien
d'en parler, puisque nous voulons mourir, et qu'au final, cela ne changera rien.
Oui, nous sommes égoïstes quelque part, car nous disons de doux mots réconfortant, mais nous n'y croyons pas une seconde, simplement, on connait les mots juste à dire, car nous aimerions tellement
qu'on nous les dise. Mais à chaque fois que nous n'allons pas bien, nous nous taisons même après des
"Si tu as besoin de moi, je suis là tu sais?" "Oui oui, je le
sais, t'inquiete pas"... cercle vicieux...quand tu nous tiens, n'est-ce pas?
On pourrait dire que nous nous tuons à aider ceux qu'on aime, et que lorsque quelqu'un nous dit:
"Ta gentillesse te tuera"
Il n'a pas tout à fait tort. Mais nous sommes comme ça et nous "vivons" comme ça.
Et vous savez ce qu'est le pire? C'est qu'
on sait comment faire pour s'en sortir. Mais ce serait trop dur pour nous car il faudrait que nous soyons égoïstes
pour ça...
Pourtant, nous le sommes, car nous voulons faire le geste le plus égoïste qui existe,
se donner la mort.
Se moquant des autres qui pleurerons sur nos tombes, de leurs douleurs atroces qu'ils porteront chacun des mauvais jours qu'on aura crée à cause de ça, de ceux qui nous suivront peut-être, ignorant
l'énergie de nos amis qui se sont épuisés pour nous aider, des larmes qu'ils ont versés, de l'angoisse qui leurs a traversé à chaque fois que nous avions dit:
"Je veux mourir"
Et finalement, ce que nous écrivons dans nos poèmes/textes sont des messages de détresse, parce que nous avons mal...parce que nous allons mal...
On vous cache tout avec nos sourires... et ce qui nous rend heureux? C'est de vous voir heureux... d'être avec vous...